Works

Works est l’espace de présentation générale de mes travaux.


Béatrice Darmagnac questionne les réalités et les moyens de les percevoir.
Son point d’ancrage est la matérialité, physicalité qui traduit les états du monde. Des mondes.
Son intérêt est particulièrement porté sur l’inframince, les particules et les lumières. Leur mouvance.
Pour permettre cette étude elle prend l’axe du concept de paysage qui cadre les territoires, les espaces considérés ou imaginaux, car chacun de ces sites sont organisés de matérialités contextuelles qui permettent l’accès aux réalités.
Lumière/paysage/mémoire est la combinaison d’accès à son travail.

Béatrice Darmagnac questions the realities and the means of perceiving them. Its anchor is the materiality, physicality that reflects the states of the world. Of Worlds.
Her interest is particulary focused on inframince, particles and lights. Their mobility.
To enable this study, it takes the axis of the concept of Landscape, that frames the territories, the spaces considered or imagined, because each of theses sites are organizes with contextual materialities that allow access to realities.
Light/landscape/memory is the combination of access to her work.


J’ai une double appartenance à un héritage urbex et montagnard.
Ce qui induit une attitude d’exploration des espaces[1], qu’ils soient extrêmes, artificiels, ou imaginaux.
Les formes plastiques que je produis sont des hybridations de ces conditions.

J’ai été happée par la notion de paysage et ses différents niveaux de lectures et compréhension.
Si le paysage est légendes, mythes, conceptions mentales, il est aussi physique : il peut être mesures ou altitudes de végétations, comme le lieu des dieux ou des errants.
Ces niveaux d’entendements sont les contextes définissant ses systèmes d’existence.

La relation de l’homme à son environnement est la résultante de ses choix politiques, sociaux, économiques, et mythiques. On peut donner une définition de paysage en considérant cette conscientisation et la structuration de l’espace qui en découle. Ainsi un peuple capitaliste n’a pas le même paysage qu’un peuple païen polythéiste, ou encore un peuple animiste nomade.

Interview de Muriel sur le CAP canal central d’Arizona et le partage politique de l’eau, Tucson Arizona, 2014 (recherches)

La figuration de la médiance, du rapport de l’homme à son territoire naturel ou artificiel, dans ses totalités d’existences de réalités, est mon objectif plastique.

Nostos-Algos, Beatrice-Mexique 2, Tucson Arizona, 2014

L’axe sous-jacent de cette recherche est la matérialité constituant le paysage. Non pas seulement un territoire, un terrain, un espace, mais bien le Paysage. C’est-à-dire que je vais aller chercher les matérialités partout où je les envisage, partout ou le concept de paysage me conduira.
Le premier lieu où l’on conscientise un paysage, où l’on esthétise une stimmung paysagère comme l’entendent Riegl, Simmel ou Benjamin, est la pensée. Soit le cerveau. Je travaille logiquement sur l’analogie esprit/paysage.
Dans Une sédimentation de l’esprit : Earth projects, texte rédigé par Robert Smithson in Artforum en septembre 1968, une analogie est instaurée entre l’esprit et le paysage.

« L’esprit humain et la terre sont constamment en voie d’érosion ; des rivières mentales emportent des berges abstraites, les ondes du cerveau ébranlent des falaises de pensée, les idées se délitent en blocs d’ignorance et les cristallisations conceptuelles éclatent en dépôt de raison graveleuse. »

J’ai rejoint son questionnement en me focalisant sur les notions de plasticité et de lumière qui se rapportent tant au cerveau qu’aux mécaniques du paysage : pour l’un se sera l’apprentissage ou l’oubli, pour l’autre l’érosion et les catastrophes structurelles ; on peut aussi parler de modelage de l’espace par les ombres pour l’un, et d’images mémorielles lumineuses pour l’autre.
Je m’intéresse à ces images mentales, les imago mémoriels qui structurent la physicalité de notre pensée (flash lumineux et formes mouvantes instables) et qui semblent fonctionner comme les couleurs spectrales de la lumière externe sur les matières. Que ce soit pour les rêves, les souvenirs, ou l’imagination anticipative.

              Mon travail plastique est à l’affut des techniques, médiums et matérialités qui expriment de ces recherches tenues matiériste.
Parfois la performance est nécessaire, alors qu’ailleurs il faudra une installation, et ici une pièce/texte.
Le matériau lumière et sa technologie sont parfois logiques, ou bien l’utilisation du processus photographique, mais ce qui est intéressant est de trouver une solution probante et plus pertinente encore, surtout lorsque l’on parle de matière d’imaginale à sculpter. Alors j’envisage.


[1] Résidence au Pic du Midi de Bigorre 2011, au sein de Biosphère II avec la collaboration du CNRS de Tucson Arizona en 2014.



I have a dual membership in an Urbex and mountain heritage.
This induces an attitude of exploration of spaces, whether they are extreme, artificial, or imaginative. The plastic shapes I produce are hybridizations of these conditions.
I was taken by the notion of landscape and its different levels of reading and understanding. If the landscape is legends, myths, mental conceptions, it is also physical: it can be measures or elevations of vegetation, such as the place of gods or wanderers.
These levels of understanding are the contexts defining its systems of existence.

Man’s relationship to his environment is the result of his political, social, economic, and mythical choices.
A definition of landscape can be given by considering this awareness and the resulting structuring of space. Thus a capitalist people does not have the same landscape as a polytheistic pagan people, or a nomadic animist people.

The figuration of the mediancy, the relationship of man to his natural or artificial territory, in its totality of existences of realities, is my plastic objective.

The underlying axis of this research is the materiality that makes the landscape. Not just a territory, a land, a space, but a Landscape.
That is to say, I will go and get the materialities wherever I see them, wherever the concept of landscape will take me.
The first place where you could become aware of landscape, where you could aestheticizes a landscape stimmung as Riegl, Simmel or Benjamin mean, is thought. So in the brain.
I work logically on the mindscape/landscape analogy.
In A Sedimentation of the Mind: Earth Projects, written by Robert Smithson in Artforum in September 1968, an analogy is drawn between mind and landscape.

« The human spirit and the earth are constantly being eroded; mental rivers carry abstract banks, brain waves shake cliffs of thought, ideas break into blocks of ignorance, and conceptual crystallizations burst into a repository of grienous reason. »

I joined his questioning by focusing on the notions of plasticity and light that relate both the brain than the mechanics of the Landscape : for one will be learning or forgetting, for the other erosion and structural disasters ; we can also talk about modeling space by shadows for one, and luminous memorial images for the other.
I am interested in these mental images, the memory imago that structure the physicality of our thinking (light flash and unstable moving forms) and which seem to function as the spectral colors of external light on materials. Whether for dreams, memories, or anticipatory imagination.

My plastic work is on the lookout for techniques, mediums and materialities that express this tenuous materialist research.
Sometimes performance is necessary, whereas elsewhere it will require an installation, and here a piece/text.
The light material and its technology are sometimes logical, or the use of the photographic process, but what is interesting is to find a convincing solution and even more relevant, especially when talking about the material of imaginal to be sculpted.
So I’m thinking.


[1] Résidence au Pic du Midi de Bigorre 2011, au sein de Biosphère II avec la collaboration du CNRS de Tucson Arizona en 2014.