beatricedarmagnac.com



Projection image et sons, Mars quake first sign, 2020
réalisée en fresque, 500 x 200
Sur toile, 250 x 100
@beatricedarmagnac

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Je questionne le lien de l’homme à l’espace environnemental, naturel/artificiel.
De ce fait dépendent tous les principes de la construction identitaire, économique, politique, imaginaire, sensuelle.
Et de la représentation de cette relation, des connaissances et croyances qui en découlent.
Je travaille, au sens premier du terme, avec ces intellectualisations, ces représentations, ces matérialités, ces forces, ces projections.
Et je propose de nouvelles réalités.
Ou plutôt, je révèle celles qui sont en présence et non considérées, dans et autour de l’homme.

Peinture, Est-ce que si je peins Néowise elle existe alors que je ne l’ai jamais vue, juillet 2020
Sur toile, 150 x 100
@beatricedarmagnac

Article Connaissance des arts juin 2020
Les paysages mentaux de Béatrice Darmagnac
Rubrique Nouveau Talent
Béatrice Darmagnac / David Shrigley
N.A! Project

Téléchargez l’article de Connaissance des arts de juin 2020, rubrique Nouveau Talent

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« L’homme dans sa double structure créatrice, est […] à la fois plastique et plasticien.»

« Man in his dual creative structure is […] both plastic and plastician.»[1] 

Joseph Beuys

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Intentions

            « Une liaison s’établit entre mon questionnement et le mouvement Land art, ses occupations d’espaces et son intérêt particulier pour la matière. La Terre, les nouveaux matériaux, leur utilisation, leur mise en espace dans le paysage, mais aussi, et de façon plus intéressante pour mon sujet, l’approche d’un paysage interne en liaison   avec le paysage externe. Dans Une sédimentation de l’esprit : Earth projects, texte rédigé par Robert Smithson in Artforum en septembre 1968, une analogie est instaurée entre l’esprit et le paysage.

            « L’esprit humain et la terre sont constamment en voie d’érosion ; des rivières mentales emportent des berges abstraites, les ondes du cerveau ébranlent des falaises de pensée, les idées se délitent en blocs d’ignorance et les cristallisations conceptuelles éclatent en dépôt de raison graveleuse. » L’idée d’une « géologie abstraite » est avancée dans ce texte.

            Joseph Beuys dans sa déclaration publiée à l’occasion de son exposition personnelle  à la galerie Anthony Offay à Londres en août 1980, nous livre une possibilité de redéfinition de la sculpture qui pourrait être complémentaire de cette piste de recherche : « […] la notion de sculpter peut-être étendue à des matériaux invisibles utilisés par tout le monde : Formes de pensées – Formes de paroles – Sculpture Sociale – Comment nous modelons nos pensées ou comment nous façonnons nos pensées en mots ou comment nous modelons et façonnons le monde dans lequel nous vivons : La sculpture comme processus évolutif […]».

            Il existe bien alors, sous le regard de ces deux considérations, deux orientations qui s’affirment : le façonnage interne et externe pour créer le monde.

Et si l’on s’appuie sur les théories de Gaston Bachelard et la phénoménologie des rêves, sur le questionnement de Bergson et son interrogation sur la matière informée, nous sommes au cœur de mon travail sur les réalités, les matérialités, les considérations écosophiques :
la notion de Paysage. Dans son entièreté.
Et nous comprenons l’évocation d’un 8e climat et d’un mundus imaginalis, soutenu par Henry Corbin.
Un monde aux lois intermédiaires. Aux lois propres.
Et c’est, ce monde, ce climat, que j’investis. Aussi.

Photographie documentaire d’installation,
Cascade, Observatoire du Pic du Midi de Bigorre, 2011
Glace, fluoréscéïne, territoire extrême
350 x 250 x 100
@beatricedarmagnac
Video documentaire d’installation performative
Saxifrage, 2016
300 x 250 x 120
Production Ciam La Fabrique
@beatricedarmagnac
Photographie d’installation, Dreamctacher, 2010
650 x 350 100
Filet protection falaise anti-chute de pierres, rêves
@beatricedarmagnac
Photographie documentaire d’installation, Poudreuse , 2016,
enduit poncé, poussière, plinthe, gravité, motif de chaine montagneuse, lumière artificielle,
sculpture évolutive
120 x 10 x 30 cm,
Production Centre d’Art CIAM La Fabrique
@beatricedarmagnac
Photographie documentaire d’installation,
La part des anges/La vague, 2014
bâche microfibre, PC sur plateaux, gelâtes bleues et violettes,
chaleur dégagée par l’usage électrique, mouvement et bruit de la vague irisée,
scène de théâtre, théâtralité du phénomène,
500 x 400 x 250 cm
Résidence de création
Production Théâtre Le Pari, 2014
@beatricedarmagnac
Photographie documentaire d’installation In Situ, Jardin de résilience, 2013
Motif de faille, pelouse pavillonnaire défoncée, plantes pionnières, capteurs mouvements et hygrométrie, données internet, modulations .
Sculpture évolutive physique 4000 x 100 x 6000 cm, et virtuelle
en collaboration avec l’association Blackbirds Montpellier.
Production 7e Rencontres Arts et Paysages, l’existence virtuelle chronologique
et antéchronologique de cette pièce jusqu’à anéantissement.
@beatricedarmagnac
Photographies de la scénographie pour la pièce Comment Wang Fu Fut sauvé des eaux
adapté du roman de Marguerite Yourcenar de la compagnie De la Tong
Production Le Pari, Tarbes, 2014
@beatricedarmagnac
Pièce, La Vague, 2010,
image issue de la série Images Projectives, grille, titre,
70 x 50,
Production Galerie Omnibus
@beatricedarmagnac
Photographie d’Installation, Disturbed and shaped by a flow, 2016
350 x 250 x 150
Production Observatoire de l’Eau, MDE
Vidéo, Shorty, 2009
Production Le Parvis Centre National d’Art Contemporain
@beatricedarmagnac

Photographie issue de la série Jeu d’absence. Paradeïsos, cistus sérotonie, 2013-2020,
villa en construction, graine pyrophyte dissimulée, catastrophe latente,
Production Galerie Omnibus
@beatricedarmagnac

« J’ai connu Béatrice Darmagnac lors de son diplôme en 2010 sanctionnant avec félicitations du jury cinq années d’études à l’ESAD des Pyrénées ( École Supérieure d’Art et de Design des Pyrénées, Pau-Tarbes).

Pour l’occasion elle réalisa un geste invisible et subversif qui amorça d’ailleurs une des premières réflexions artistiques sur le post-anthropocène…alors même que la définition de l’ère de l’influence anthropique était encore en débat dans les milieux scientifiques spécialisés.
Deux visions dominantes du post-anthropocène s’affrontaient alors et aujourd’hui encore.
Mais le scénario que défendait Béatrice Darmagnac à l’époque, était celui du cataclysme environnemental, selon lequel le changement climatique et les catastrophes physico-chimiques allaient rendre la planète non-habitable.

Pour son DNSEP, elle sema des graines pyrophytes un peu partout dans le monde. Et encore aujourd’hui, à chaque fois qu’elle se déplace dans des friches, des zones habitées ou des espaces de prestige pour qu’après la catastrophe ( une explosion nucléaire ? l’embrasement des terres par le feu, par la chaleur ?) ces graines aux propriétés résilientes se mettent à pousser. Afin que la vie reprenne son cours…sans nous.  
Les pyrophytes ont en effet la particularité de se « réveiller » qu’après une agression thermique puissante!

Cette œuvre / concept conçue pour son diplôme figure donc comme un « statement ». Comme l’axe central d’une démarche qui interroge principalement la relation prédatrice que l’homme entretien à son environnement. Un mouvement qui la conduit de l’environnement au paysage qu’elle définit comme un système où des existences différentes mais symbiotiques cohabitent.
Ce paysage qu’elle investit est donc à la fois réel, mental, mythologique et physique. Depuis lors l’artiste œuvre sur le terrain, au cours de performances, d’installations immersives et in situ, dans des lieux dédiés, ramenant la dimension paysagère dans l’espace bâtit. Travaillant sans relâche, à l’appui d’une recherche universitaire, sur la question du paysage, de sa perception et de sa représentation, en mêlant le naturel et l’artificiel.

Extrait de lettre de Magali Gentet, directrice du CNAC Le Parvis,
dans le cadre d’une demande de résidence artistique européenne.

« I met Béatrice Darmagnac when she was graduated in 2010 and congratulated by the jury on five years of study at the ESAD des Pyrénées (Higher School of Art and Design of the Pyrenees, Pau-Tarbes).

For the occasion she made an invisible and subversive gesture that began one of the first artistic reflections on the post-anthropocene… even though the definition of the era of anthropogenic influence was still being debated in specialized scientific circles.Two dominant visions of the post-Anthropocene clashed then and even today.But the scenario that Beatrice Darmagnac defended at the time was that of the environmental cataclysm, according to which climate change and physical-chemical disasters would render the planet unhabitable.

For her DNSEP, she sown pyrophyte seeds all over the world. And even today, every time it moves in wastelands, inhabited areas or prestigious spaces so that after the disaster (a nuclear explosion? the burning of the land by fire, by heat?) these seeds with properties resilient people are starting to grow. So that life can resume its course… without us. The pyrophytes have the peculiarity of « waking up » only after a powerful thermal aggression !

This work/concept designed for his diploma is therefore listed as a « statement ». As the central axis of an approach that mainly questions the predatory relationship that man maintains to his environment. A movement that leads it from the environment to the landscape that it defines as a system where different but symbiotic existences coexist. This landscape she invests is therefore at once real, mental, mythological and physical. Since then the artist has been working in the field, during performances, immersive installations and in situ, in dedicated places, bringing the landscape dimension back into the built space. Working tirelessly, in support of academic research, on the question of landscape, its perception and its representation, mixing the natural and the artificial.

Excerpt from Magali Gentet’s letter, director of the CNAC Le Parvis, as part of an application for residency.


[1] Reithmann, Max, Joseph Beuys : la mort me tient en éveil, Choix d’entretiens et essais, traduit de l’allemand par Edmond Marchal en collaboration avec Annie Reithmann, éditions ARPAP, Paris.
ISBN : 2-905992-52-2 ; P. 18


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Saxifrage II, Collaboration Collectif DF*

Une pièce réalisée, c’est un peu comme une histoire qui se déploie.
Ici nous avons Saxifrage II.
Saxifrage signifie la pierre (saxi) qui se brise (fragere) en latin.
C’est un nom de fleur magnifique qui existe dans des hauteurs austères et qui ne survit que parce qu’elle s’ancre dans les fissures des roches. Une fois installée elle croît jusqu’à faire éclater la pierre par ses faiblesses de structure.
Elle existe durement. C’est un petit miracle à elle seule.

L’homme est rarement en présence du sublime des chutes de pierres en montagne. C’est un moment émouvant, surprenant, effrayant.
Notre goût de l’arpentage et notre besoin de confrontation aux phénomènes et leur intensité nous mène à produire des pièces qui convoque cette tension.
Si poétique qu’on pourrait en chialer.
Un bloc de marbre est choisi dans une carrière.
Lui, et seulement lui, au milieu des fragments de montagne.
Il est transporté difficilement jusqu’à son emplacement performatif.
Un ciment de fragmentation est introduit par forage.
Le vernissage commence et la fracturation aussi.
Craquements, fragmentations, sons telluriques, le spectaculaire est latent. Ou peut-être déjà là.
Entre inquiétude et fascination nous assistons au sublime.
Au merveilleux. A la vitalité du roc, sollicité dans la force contraire de sa création par compression.
La rupture progressera durant la durée du vernissage, de l’exposition. Lentement.
Le vivant s’intégrera, la pierre se délitera.
Ceci est la pièce dans sa propre existence.
Mais il faut équilibrer les espaces et les volumes dans une proposition.
Enfin, c’est ce que nous souhaitons dans notre travail.
Saxifrage II n’est pas dans un lieu neutre. Il est important de le considérer.
Nous sommes dans le paysage d’une abbaye en rénovation.
L’Abbaye cistercienne de l’Escaladieu.
Nous choisissons de faire un « emprunt de paysage » (le shakkei japonais) et d’accepter la configuration de l’espace que Erika Bretton nous confit : un rectangle de pelouse plantée d’un cèdre gigantesque.
Incroyablement, pour nous intégrer sans nous imposer, il fallait que nous soyons dans un espace propre qui nous lierait à l’histoire du lieu, ou tout du moins à sa symbolique.
Escaladieu signifie « échelle des dieux ».
soit un lien transcendant ou d’ascention, ou bien une dimension.

Nous avons choisi l’espace de l’himorogi.
Les himorogi (神籬?, lit. « clôture divine ») dans la terminologie shinto sont des espaces sacrés ou des autels utilisés pour le culte. Un espace fermé par des cordes simples, qui dédie le secteur clôturé aux dieux. L’himorogi est une invitation au repos des divinités.
L’himorogi possède un point central : « l’arbre » ou la représentation de l’arbre.
Les himorogi au Japon se rencontrent le plus souvent sur les sites de construction, où, après utilisation, ils restent en place un certain temps avant que les travaux ne se terminent.
Cela nous semblait extrêmement probant.
Puis il a fallut équilibrer l’espace de l’himorogi inclut dans l’Abbaye.
Le carré de 13 x 13, l’arbre, la roche, le vide, le plein, … .
Là se dessinait des masses et des formes : des arcs, des perspectives, des aplats.
Des coursives, des déambulations, des plantations, des toits, la vallée.
La trinité n’est pas que catholique. Elle crée l’équilibre de façon plus générale.
Soit par l’ordre soit par le désordre, divinement ou matériellement.
Il fallait une masse en trialogue avec La pierre en transformation et l’arbre en croissance.
Nous avons choisi un bloc déjà transformé en parallélépipède dans le marbre dit « d’Arrudi » comme la roche brute en fissuration, car ce matériau est l’élément principal de construction de l’Abbaye de l’Escaladieu.
Dans cet espace le « Merveilleux Vivant » sera la biodiversité qui se développera dans l’espace de l’himorogi, dans la puissance spirite de l’arbre qui pousse, de la pierre qui se brise, l’araignée qui glisse, et du lieu dédié à Dieu que nous ouvrons à d’autres formes de matérialités et réalités d’incarnation du merveilleux, de l’échelle divine.
Que ce soit spectaculaire et explosif ou lent comme un travail de naissance, nous sacrifierons notre patience et notre émotion au sublime.

A piece made is a bit like a unfolding story.
Here we have Saxifrage II.

Saxifrage means stone (saxi) that breaks (fragere) in Latin.
It is a beautiful flower name that exists in austere heights and survives only because it anchors in the cracks of rocks. Once installed it grows to the point of breaking the stone by its structural weaknesses.
Her existens is rude. her is a little miracle on her own.

Man is rarely in the presence of the sublime rockfalls in the mountains.
It’s a moving, surprising, frightening moment.
Our taste for surveying and our need to confront phenomena and their intensity leads us to produce pieces that summon this tension. So poetic that one could cry.

A block of marble is chosen in a quarry. Him, and only him, in the middle of the mountain fragments.
It is transported with difficulty to its performative location.
Fragmentation cement is introduced by drilling.

The opening begins and so does the fracking.
Cracks, fragmentations, telluric sounds, the spectacular is latent. Or maybe already there.
Between anxiety and fascination we witness the sublime. To the wonderful. To the vitality of the rock, solicited in the opposite force of its creation by compression.
The break will progress during the opening, the exhibition. Slowly.
The living will integrate, the stone will unravel.
This is the room in his own existence.
But you have to balance the spaces and the volumes in a proposal.Finally, that is what we want in our work.Saxifrage II is not in a neutral place.
It’s important to consider it.
We are in the landscape of an abbey under renovation.
The Cistercian Abbey of the Escaladieu.We choose to make a « landscape loan » (japanese shakkei) and accept the configuration of the space that Erika Bretton confines to us: a rectangle of lawn planted with a gigantic cedar.Incredibly, to integrate without imposing ourselves, we had to be in a clean space that would bind us to the history of the place, or at least to its symbolism.Escaladieu means « scale of the gods. »either a transcendent bond or ascent, or a dimension.

We chose the space of the himorogi.The himorogi (籬?, bed. « divine fence ») in Shinto terminology are sacred spaces or altars used for worship. A space closed by simple ropes, which dedicates the fenced area to the gods. The himorogi is an invitation to rest the deities.The himorogi has a central point: the « tree » or the representation of the tree. The himorogi in Japan are most often found at construction sites, where, after use, they remain in place for some time before the work is completed.That seemed extremely convincing to us.
Then it was necessary to balance the space of the himorogi included in the Abbey.
The square of 13 x 13, the tree, the rock, the void, the full, … .
There were masses and shapes: arches, perspectives, flats.Passageways, walks, plantations, roofs, the valley.
The trinity is not just Catholic.
It creates balance more generally.
Either by order or by disorder, divinely or materially.It needed a trialogue mass with The Stone in Transformation and the growing tree.
We chose a block already transformed into a parallelepiped in the so-called « Arrudi » marble as the raw rock in cracking, because this material is the main building element of the Abbey of the Escaladieu.
In this space the « Living Wonder » will be the biodiversity that will develop in the space of the himorogi, in the spiritual power of the growing tree, of the stone that breaks, the spider that slips, and of the place dedicated to God that we open to other forms of materialities and realities of incarnation of the wonderful, the divine scale.Whether spectacular and explosive or slow as a work of birth, we will sacrifice our patience and emotion to the sublime.

Sublime, the mother of stones, Collaboration Marbre Band

Performance Nostos Algos
pour le groupe électro Marbre.
Maquillage sans miroir,
retrouver un paradis perdu,
inspiré de Divine.
Naissance du personnage
Mother of Stones, Sublime.
@beatricedarmagnac
@marbreband
2020

A new Collaboration is in process with Marbre Band and the elctro musician Bryce Daudé to build a sound/story about the quest of an ELECTRIC OCEAN…



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Exhibitions points and partners

Fondation N.A! Projects
CNAC
La Fabrique
devenu
ENDA


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