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« L’homme dans sa double structure créatrice, est […] à la fois plastique et plasticien.»

« Man in his dual creative structure is […] both plastic and plastician.»[1] 

Joseph Beuys

Je questionne le lien de l’homme à l’espace environnemental, naturel/artificiel.
De ce fait dépendent tous les principes de la construction identitaire, économique, politique, imaginaire, sensuelle.
Je travaille, au sens premier du terme, avec ces intellectualisations, ces matérialités, ces forces, ces représentations, ces projections.
Et je propose de nouvelles réalités.

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Photographie issue de la série Jeu d’absence. Paradeïsos, cistus sérotonie, 2013-2020,
villa en construction, graine pyrophyte dissimulée, catastrophe latente,
Production Galerie Omnibus

« J’ai connu Béatrice Darmagnac lors de son diplôme en 2010 sanctionnant avec félicitations du jury cinq années d’études à l’ESAD des Pyrénées ( École Supérieure d’Art et de Design des Pyrénées, Pau-Tarbes).

Pour l’occasion elle réalisa un geste invisible et subversif qui amorça d’ailleurs une des premières réflexions artistiques sur le post-anthropocène…alors même que la définition de l’ère de l’influence anthropique était encore en débat dans les milieux scientifiques spécialisés.
Deux visions dominantes du post-anthropocène s’affrontaient alors et aujourd’hui encore.
Mais le scénario que défendait Béatrice Darmagnac à l’époque, était celui du cataclysme environnemental, selon lequel le changement climatique et les catastrophes physico-chimiques allaient rendre la planète non-habitable.

Pour son DNSEP, elle sema des graines pyrophytes un peu partout dans le monde. Et encore aujourd’hui, à chaque fois qu’elle se déplace dans des friches, des zones habitées ou des espaces de prestige pour qu’après la catastrophe ( une explosion nucléaire ? l’embrasement des terres par le feu, par la chaleur ?) ces graines aux propriétés résilientes se mettent à pousser. Afin que la vie reprenne son cours…sans nous.  
Les pyrophytes ont en effet la particularité de se « réveiller » qu’après une agression thermique puissante!

Cette œuvre / concept conçue pour son diplôme figure donc comme un « statement ». Comme l’axe central d’une démarche qui interroge principalement la relation prédatrice que l’homme entretien à son environnement. Un mouvement qui la conduit de l’environnement au paysage qu’elle définit comme un système où des existences différentes mais symbiotiques cohabitent.
Ce paysage qu’elle investit est donc à la fois réel, mental, mythologique et physique. Depuis lors l’artiste œuvre sur le terrain, au cours de performances, d’installations immersives et in situ, dans des lieux dédiés, ramenant la dimension paysagère dans l’espace bâtit. Travaillant sans relâche, à l’appui d’une recherche universitaire, sur la question du paysage, de sa perception et de sa représentation, en mêlant le naturel et l’artificiel.

Extrait de lettre de Magali Gentet, directrice du CNAC Le Parvis,
dans le cadre d’une demande de résidence artistique européenne.

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Quelques travaux

            « Une liaison s’établit entre mon questionnement et le mouvement Land art, ses occupations d’espaces et son intérêt particulier pour la matière. La Terre, les nouveaux matériaux, leur utilisation, leur mise en espace dans le paysage, mais aussi, et de façon plus intéressante pour mon sujet, l’approche d’un paysage interne en liaison   avec le paysage externe. Dans Une sédimentation de l’esprit : Earth projects, texte rédigé par Robert Smithson in Artforum en septembre 1968, une analogie est instaurée entre l’esprit et le paysage.

            « L’esprit humain et la terre sont constamment en voie d’érosion ; des rivières mentales emportent des berges abstraites, les ondes du cerveau ébranlent des falaises de pensée, les idées se délitent en blocs d’ignorance et les cristallisations conceptuelles éclatent en dépôt de raison graveleuse. » L’idée d’une « géologie abstraite » est avancée dans ce texte.

            Joseph Beuys dans sa déclaration publiée à l’occasion de son exposition personnelle  à la galerie Anthony Offay à Londres en août 1980, nous livre une possibilité de redéfinition de la sculpture qui pourrait être complémentaire de cette piste de recherche : « […] la notion de sculpter peut-être étendue à des matériaux invisibles utilisés par tout le monde : Formes de pensées – Formes de paroles – Sculpture Sociale – Comment nous modelons nos pensées ou comment nous façonnons nos pensées en mots ou comment nous modelons et façonnons le monde dans lequel nous vivons : La sculpture comme processus évolutif […]».

            Il existe bien alors, sous le regard de ces deux considérations, deux orientations qui s’affirment : le façonnage interne et externe pour créer le monde.

Et si l’on s’appuie sur les théories de Gaston Bachelard et la phénoménologie des rêves, sur le questionnement de Bergson et son interrogation sur la matière informée, nous sommes au cœur de mon travail sur les réalités, les matérialités, les considérations écosophiques :
la notion de Paysage. Dans son entièreté.
Et nous comprenons l’évocation d’un 8e climat et d’un mundus imaginalis, soutenu par Henry Corbin.
Un monde aux lois intermédiaires. Aux lois propres.
Et c’est, ce monde, ce climat, que j’investis. Aussi.

Photographie documentaire d’installation,
Cascade, Observatoire du Pic du Midi de Bigorre, 2011
Glace, fluoréscéïne, territoire extrême
350 x 250 x 100
Video documentaire d’installation performative
Saxifrage, 2016
300 x 250 x 120
Production Ciam La Fabrique
Photographie d’installation, Dreamctacher, 2010
650 x 350 100
Filet protection falaise anti-chute de pierres, rêves
Photographie documentaire d’installation, Poudreuse , 2016,
enduit poncé, poussière, plinthe, gravité, motif de chaine montagneuse, lumière artificielle,
sculpture évolutive
120 x 10 x 30 cm,
Production Centre d’Art CIAM La Fabrique
Photographie documentaire d’installation,
La part des anges/La vague, 2014
bâche microfibre, PC sur plateaux, gelâtes bleues et violettes,
chaleur dégagée par l’usage électrique, mouvement et bruit de la vague irisée,
scène de théâtre, théâtralité du phénomène,
500 x 400 x 250 cm
Résidence de création
Production Théâtre Le Pari, 2014
Photographie documentaire d’installation In Situ, Jardin de résilience, 2013
Motif de faille, pelouse pavillonnaire défoncée, plantes pionnières, capteurs mouvements et hygrométrie, données internet, modulations .
Sculpture évolutive physique 4000 x 100 x 6000 cm, et virtuelle en collaboration avec l’association Blackbirds Montpellier.
Production 7e Rencontres Arts et Paysages, l’existence virtuelle chronologique et antéchronologique de cette pièce jusqu’à anéantissement.
Photographies de la scénographie pour la pièce Comment Wang Fu Fut sauvé des eaux
adapté du roman de Marguerite Yourcenar de la compagnie De la Tong
Production Le Pari, Tarbes, 2014
Pièce, La Vague, 2010,
image issue de la série Images Projectives, grille, titre,
70 x 50,
Production Galerie Omnibus
Photographie d’Installation, Disturbed and shaped by a flow, 2016
350 x 250 x 150
Production Observatoire de l’Eau, MDE
Vidéo, Shorty, 2009
Production Le Parvis Centre National d’Art Contemporain

« I met Béatrice Darmagnac when she was graduated in 2010 and congratulated by the jury on five years of study at the ESAD des Pyrénées (Higher School of Art and Design of the Pyrenees, Pau-Tarbes).

For the occasion she made an invisible and subversive gesture that began one of the first artistic reflections on the post-anthropocene… even though the definition of the era of anthropogenic influence was still being debated in specialized scientific circles.Two dominant visions of the post-Anthropocene clashed then and even today.But the scenario that Beatrice Darmagnac defended at the time was that of the environmental cataclysm, according to which climate change and physical-chemical disasters would render the planet unhabitable.

For her DNSEP, she sown pyrophyte seeds all over the world. And even today, every time it moves in wastelands, inhabited areas or prestigious spaces so that after the disaster (a nuclear explosion? the burning of the land by fire, by heat?) these seeds with properties resilient people are starting to grow. So that life can resume its course… without us. The pyrophytes have the peculiarity of « waking up » only after a powerful thermal aggression !

This work/concept designed for his diploma is therefore listed as a « statement ». As the central axis of an approach that mainly questions the predatory relationship that man maintains to his environment. A movement that leads it from the environment to the landscape that it defines as a system where different but symbiotic existences coexist. This landscape she invests is therefore at once real, mental, mythological and physical. Since then the artist has been working in the field, during performances, immersive installations and in situ, in dedicated places, bringing the landscape dimension back into the built space. Working tirelessly, in support of academic research, on the question of landscape, its perception and its representation, mixing the natural and the artificial.

Excerpt from Magali Gentet’s letter, director of the CNAC Le Parvis, as part of an application for residency.


[1] Reithmann, Max, Joseph Beuys : la mort me tient en éveil, Choix d’entretiens et essais, traduit de l’allemand par Edmond Marchal en collaboration avec Annie Reithmann, éditions ARPAP, Paris.
ISBN : 2-905992-52-2 ; P. 18


Article Connaissance des arts juin 2020
Rubrique Nouveau Talent
Béatrice Darmagnac / David Shrigley
N.A! Project

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Sublime, The Mother of Stones

Performance Nostos Algos pour le groupe électro Marbre.
Maquillage sans miroir, retrouver un paradis perdu,
inspiré de Divine.
Naissance du personnage
Mother of Stones, Sublime.

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