Blast, la semeuse sans visage

Vous pouvez découvrir en première page la lettre de Magali Gentet décrivant la découverte de ce travail lors de mon DNSEP art à l’ESAD des Pyrénées site de Tarbes en 2010.
Il y a le geste, et la personnification du geste.
Les gestes sont ceux du Street Art et du Post Graffiti (ici post tag), avec une consonnance éco activiste : semer des graines pyrophytes et pyrophiles pour planter un jardin invisible qui éclora de la catastrophe radicale.
Ses gestes existent depuis 2007, son nom depuis 2017.
Blast est une femme.
C’est une entité qui a évoluée dans les tiers paysage et le tiers monde métropolitain français, vivant dans des zones dangereuses, n’en déplaise à ceux qui font de l’urbex, et le quitte.
C’est un être qui n’est qu’une rumeur sans visage.
Mais c’est bien une femme qui plante le futur Eden.

Tier paysage, 2013
Impression sur polymère
80 x 60
Solo show, Foundation ANPQ, 2013

Blast sème partout où elle passe. Ici à Biospère 2 dans le désert d’Oracle en Arizona

Ici dans un aéroport.

Dans toutes les institutions de recherches et expositions artistiques ou d’architectures, européennes et étrangères, où Blast est passée.

Lorsque les expositions sont officielles, un cartel accompagne le geste.

Ancien cartel Jeu d’absence. Paradeïsos, cistus sérotonie, 2010-2017
Puis le nom a changé
@beatricedarmagnac aka Blast
Ou bien des photographies

Photographie issue de la série Jeu d’absence. Paradeïsos, cistus sérotonie, 2010-2017
villa en construction, graines pyrophytes dissimulées, catastrophe latente,
Production 2012 Galerie Omnibus
@beatricedarmagnac aka Blast
Intentions
» J’ai choisi les graines pyrophytes pour leur splendeur et leur panache.
Ces graines ne peuvent éclore, lever leur dormance, uniquement dans le cas où elles rencontrent les conditions favorables à leur germination : elles doivent être soumises aux acidités de fumées, ou bien à des explosions scarifiant la coque de la graine, ou bien encore à de très hautes températures qui craquelleront la protection du germe…
Je sème ces graines dans des bâtiments de prestige, architectures magnifiant la maitrise des techniques de l’Homme, ou dans des chantiers de constructions de maisons familiales, lieux de l’établissement de l’expansion humaine, et de tout ce qui découle de l’impérialisme sur l’environnement.
Je dépose les pyrophytes, les graines des plantes qui aiment le feu, dans des anfractuosités ou des éléments creux (moellons) pour les protéger.
Puis, je fais confiance à l’homme et à la nature pour leur donner, un jour, même lointain, les conditions de la levée de leur dormance.
Car la catastrophe est latente. Et je la redoute comme vous.
Alors, je crée un jardin, invisible aujourd’hui, qui émergera de catastrophes futures.
Plus qu’un marquage de mes déplacements inspirés des pratiques de tags et de conquête de territoire du post-graffiti, ainsi que de l’urbex que j’ai beaucoup pratiqué, ce geste est celui du renoncement en un avenir enchanté.
Mais, j’ai agis pour en créer un nouveau. «
B.D
Plusieurs questions ici :
la relation de l’homme à son environnement, l’anticipation, l’action directe, le temps de la réception de l’œuvre d’art, la désynchronisation, la latence, le territoire, la signature, l’existence de l’œuvre et sa temporalité….
Quelques lieux prestigieux où « Jeu d’absence » squatte les collections…
Les combles de la Monnaie de Paris, Le FRAC MECA, Université de Sarragosse, Palais des Papes de La Bisbal d’Emporda, dans le distributeur de l’exposition Banksy qui fait le tour d’Europe, le Musée Léopold Vienne, le Palais Ièna Paris, CNRS Tucson, Biospère II désert d’Oracle Arizona, les Abattoirs de Toulouse, Palais de Tokyo, Beaux Arts Royaux de Bruxelles, aménagements dans la Grotte de Lourdes…